FacebookTwitterBlogPinterest

PHPA

Delphine Millet

« Je glisse la clef, tourne la poignée, puis pousse la porte. Je l’entendrais presque grincer.

Je pénètre dans la chambre, cette inconnue.
Les draps sont frais, le lit est impeccable, le bureau rangé. Elle n’attendait que moi.
Je grimpe sur le lit, m’allonge et contemple le plafond. Ciel sans étoiles qui veillera sur mes songes.
Un sentiment étrange me chatouille le nez.
Je ne veux pas quitter cette chambre.
Des idées se forment puis s’évaporent. D’autres arrivent, elles s’agglutinent, s’entrechoquent. Tout devient sombre. Une mer aérienne s’agite silencieusement, des vagues de cotons glissent au-dessus de ma tête, des courants rageurs déferlent. Le ciel se charge. Un éclair de génie. Une pluie de folie.
J’entends un sifflement, la mélodie du vent. Le souffle me porte et m’emporte. Je survole les toits de Paris, je guette ses habitants qui sommeillent, j’observe l’agitation de ceux délaissés par Morphée. Je traverse les océans, enjambe les continents. Je fais le tour du monde.
Je parcours des kilomètres les yeux grands ouverts. Je ne veux rien oublier, ne pas laisser un instant de côté.
Au matin, mon esprit s’est éclairci. Il ne reste qu’un léger nuage. »
Mai 2013