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PHPA

Evangelia Kranotini - 04.2008

Photo Lauréate 2009 Evangelia Kranioti

« CHAMBRE 16 BIS »

Sept clés à la main, ouvrant sept portes différentes; trois escaliers à arpenter sans arrêt et deux longs couloirs où il fait toujours tard: on se contentera de nommer ce lieu l’Hôtel.

Là-bas, les cris et les chuchotements des locataires s’absorbent dans le silence feutré. Les murs tapissés voient tout. Les narines s’habituent à cet air particulier mais des événements étranges se produisent sans cesse sous le nez du client fatigué.

L’Hôtel vit sa propre vie dans les chambres non-occupées. Dans des endroits pareils un banal aspirateur recrée le son trompeur d’une tempête en pleine mer, capable de glacer le sang des somnambules. Des voyageurs arrivent soudain dans la nuit avec comme seul bagage une valise de lumière. Dans la chambre 43, j’ai moi-même pu couper une échelle en bois avec juste un couteau à beurre. Dans la chambre 23 il n’est pas nécessaire d’entrer, on ne peut y trouver autre chose que la victime. Puis dans la chambre 16… il y a une autre issue mais ceci doit rester un secret.

En fait de L’Hôtel, je garde un certain nombre de souvenirs que je n’oserais sans doute jamais raconter par peur d’être incomprise. Les quelques photos qui me restent ne sont que des efforts de reproduire certaines de ces apparitions. Mais une expérience pareille peut éventuellement convaincre ceux qui sourient doucement à la lecture de ces lignes. Juste une nuit dans L’Hôtelpeut suffire.

 

Hôtel Ferrandi
Avril 2008