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PHPA

Lionel Pralus — 2010.08

Lionel Pralus

LES TROUS

C’est bon, on peut voir la lumière à travers la porte, tout va bien. Les yeux s’habituent à l’obscurité, on voit aussi à travers les rideaux, un peu. Le noir n’existe pas ici. Le corps sur le côté, visage tourné vers la lumière, c’est comme ceci qu’il faut se mettre. Un pied passe sur l’autre, ça les chasse, c’est évident, ils ne pourront pas venir. Le drap remonté au-dessus de l’oreille protège le cou, il est à sa place et apparemment le reste aussi. Ferme les yeux.

Il faut se lever, il y a quelque chose à trouver. La fenêtre n’est plus au bon endroit, la lumière non plus. Les meubles se dérobent, ils évitent les mains et cherchent les pieds. Ce qui devrait être devant est derrière. Le lit lui-même a disparu ou il est autre. Les jambes s’agacent, comme nouées par un serpent maladroit. Ce gros sandwich de tissu la pousse à l’évidence : tout est à l’envers.

Hôtel du Panthéon
Août 2010

 

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