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Maia Flore

Fougue et sérénité

Ces dernières années, l’hôtel était devenu l’unique halte, où, nous nous rencontrions enfin. A égale distance l’un de l’autre, comme un trait tracé à main levée sur une carte, nous résidions dans une chambre. Entre Rome et Stockholm nous dormions à Londres. De Berlin à Göteborg, nous choisissions Oslo. Depuis longtemps déjà, nous gardions une image de chacun nos passages, comme le souvenir d’un rêve partagé, une candide tentative de ne pas perdre le temps qui passait de toute évidence bien trop vite. Par dessus le tumulte et le bruit de cette grande ville, des Gobelins, à Saint-Germain, rue du Cherche Midi, je te retrouvais, tu étais là. Tu me retrouvais. Je demeurais dans l’ivresse d’un temps suspendu, en voyage et pourtant à quelques rues de mon appartement, avec lui.

Malgré la distance glaciale qui m’avait éloignée de cet homme des songes, il ne s’agissait plus ici de paraître, mais de sentir de nouveau cet indicible attirance. Dans cette chambre aux couleurs sereines du troisième étage, les sentiments s’étaient agités confusément.

Hôtel La Belle Juliette

Janvier 203

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