FacebookTwitterBlogPinterest

PHPA

Pierre Bayle

Novembre 2014, Paris VI – Hôtel Baume.

Il y a dans la chambre 45, une commode que je m’arrangeais à ne pas regarder parce que dans un des tiroirs était délicatement posé le flacon. Et en moi cette odeur dont j’essayais de ne pas laisser approcher mon esprit, lui faisant faire un détour qu’il n’eût pas à passer devant et en sentir la moindre émanation.

Pourtant mes veines commençaient à distiller lentement et précieusement le divin venin. Déjà la métamorphose opère, le refrain s’envole et tourne, ceinturé par les étoffes soyeuses du lit et doucement disparait dans la délicieuse obscurité.

Mon dieu! Quel métier éprouvant ai-je choisi!

Et puis je discerne le rythme des aiguilles qui avancent inexorablement et mon œil inquiet cherche la mélodie engloutie comme une vague dans le sable. Pour qu’elle revienne, je respire et respire encore, et serai cette nuit probablement ivre mort…

Mais voici de nouveau le souvenir, doux somnambule… La délicieuse harmonie!

Pierre Bayle

Hôtel Baume

Portofolio

English version