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PHPA

Sarah Preston — 2010.04

Sarah Preston

« MADAME, VOUS AVEZ FAIT TOMBER QUELQUE CHOSE »

A mes pieds, un bout de papier avec ses quelques mots griffonnés « Retrouvez moi à l’hôtel du Panthéon, chambre 61 ». Pourtant j’avais les mains vides et l’écriture n’est pas la mienne, du regard je cherche la voix… personne. Je prends la note discrètement et la glisse dans ma poche. Croisement rue Amyot et rue Tournefort je prends à gauche, la bonne rue Clotilde saura me conseiller . « Irais-je, n’irais-je pas », « Est-ce celà l’aventure ? », tac, tac, tac, le pavé fait échos aux battements de mon coeur. 19 place du Panthéon. « Bonjour , bienvenue Hôtel du Panthéon », je souris, gênée, j’espère que celà ne se voit pas. Sixième étage, je prends l’ascenseur. Là haut, c’est un puit de lumière. Les tons chauds des boiseries et ces dames en toge qui dansent, comme moi, sauf que ça ne se voit pas. Porte 61. Je jette un coup d’oeil, personne dans l’escalier, du bruit plus bas, des froissements de draps. Sans doute les femmes de ménage. La chambre est vide, mais le lit semi défait indique une présence. Motifs floraux, fruits exotiques, passion du rouge… Et dehors la nuit bleutée qui doucement recouvre le Panthéon. Les heures tournent, interminables avec l’attente, plus rien d’autre ne semble exister et chaque bruit retiens mon souffle. La moquette compte mes pas, les rideaux se lassent de mes doigts, et les draps… Ils ne connaitront pas la chaleur de mon corps.  19 heures plus tard je quitte les lieux.  Je raconte mon aventure à une amie. « Et dans tout ça tu n’as même pas profité de la vue sur le Panthéon! ». Non, en effet, dans cette recherche de je ne sais quoi, j’en ai oublié ce monument planté sous mon nez.

Hôtel du Panthéon,
Avril 2010 

 

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